Concilier travail et études

Dans une lettre publiée récemment dans La Presse, une enseignante et mère de famille posait une question pertinente en ce mois de rentrée scolaire : Comment réussir ses cours au cégep tout en travaillant 25 heures par semaine ? Cette lettre et les réactions qu'elle a suscitées focalisaient sur les conséquences de la conciliation travail et études alors que plusieurs s'interrogeaient sur les effets de ce cumul sur le décrochage ou la réussite scolaire. Cette façon d'aborder le problème présente une facette de la réalité, mais ce cumul a aussi des incidences sur la santé et la sécurité de ces jeunes travailleurs toujours aux études. Financée par l'IRSST et le ministère de l'Éducation et réalisée en collaboration avec ÉCOBES, une étude exploratoire titrée Étudier et travailler en région à 18 ans : Quels sont les risques de SST ? a permis de décrire les conditions de travail et d'emploi des jeunes, de caractériser les risques qu'ils courent, ainsi que les conséquences qui en découlent.  

D'abord, disons que le cumul études-travail est bien réel. Les jeunes de 17 ans ayant participé à cette recherche consacraient en moyenne 44 heures par semaine au travail et aux études ; ceux de 18 ans y investissaient 48 heures. Même si la moyenne s'établit à 14 heures par semaine, certains travaillent beaucoup plus longtemps. Par ailleurs, 59 % des jeunes étudiants ayant un emploi indiquaient ne prendre qu'une journée ou moins de congé par semaine. Or, les chercheurs avancent que cette situation prédispose les jeunes à développer des symptômes reconnus comme étant des facteurs prédictifs de lésions professionnelles, dont la fatigue, mais aussi à abandonner leurs études. La combinaison des effets de ce cumul et du peu de temps consacré au repos peut faire en sorte que le sommeil des jeunes est insuffisant. Ces facteurs expliqueraient en partie que les jeunes travailleurs de 15 à 24 ans se blessent davantage que leurs collègues plus âgés, qui eux, travaillent en moyenne plus d'heures. Ce constat avait d'ailleurs amené l'IRSST à mettre sur pied l'Opération JeuneSST, en 2004. 

En conclusion, je dirais qu'il faut regarder par les deux bouts de la lorgnette... car la conciliation travail-études a des effets autant sur la scolarité que sur la santé et la sécurité des jeunes. D'autres recherches sont en cours pour mieux comprendre pourquoi ces jeunes courent un risque accru de subir des lésions professionnelles. Chose certaine, les conséquences de ce cumul alimenteront assurément le colloque du 22 octobre prochain, Les jeunes et la SST dans une société en mouvement, que l'IRSST organise en collaboration avec la Direction Action Jeunesse de la CSST, car il semble évident que les jeunes étudiants-travailleurs constituent un groupe à risque de fatigue excessive.

Au plaisir de vous y croiser.

 

 

Commentaire

Sagette Gagnon a dit :

Fort intéressant comme étude menée sur les incidences du travail et des études. Actuellement, dans la région des maskoutains (Saint-Hyacinthe) et la région  d'Acton Vale, une initiative a vu le jour et une ressource est embauchée à temps complet par la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe de sorte que celle-ci puisse accréditer les employeurs qui respectent les 4 critères de base pour se prévaloir de la mention "employeur engagé", jusqu'à maintenant, nous comptons 48 entreprises visitées parmis lesquelles, 41 ont reçu l'accrédidation "d'employeur engagé" et ce, depuis seulement 3 mois. Bref, les milieux se mobilisent autour d'un objectif commun qu'est la persévérance scolaire de nos jeunes.

Dans la mesure où vous souhaiteriez obtenir davantage d'information au sujet de cette initiative issue d'une démarche de concertation locale, je vous invite à communiquer avec moi au 450 773-8401 poste 6345 ou en écrivant à sagette.gagnon@cssh.qc.ca

Au plaisir!!!!

# novembre 11, 2009 10:40

Marie Larue a dit :

Bonjour Madame Gagnon,

Merci de manifester de l'intérêt pour nos travaux de recherche sur les jeunes travailleurs. Soyez assurée que je ferai circuler votre commentaire parmi l'équipe JeuneSST afin qu'elle puisse informer leurs partenaires de votre initiative qui me semble prometteuse pour favoriser la persévérance scolaire.

# novembre 13, 2009 11:11

... a dit :

Pour ma part,  je suis obligée de faire les deux pour des raisons financières. Je ne fais pas ça par plaisir. À mon avis ces recherches n'ont aucun intéret, il faudrait plutôt trouvé des solutions financières pour ceux qui sont dans le meme cas que moi (car je suis loin d'etre le seul )  

# mars 23, 2010 7:34

Marie Larue a dit :

Vous comprendrez aisément que je ne partage pas votre point de vue. L’Opération JeuneSST a donné lieu a plusieurs recherches qui ont permis notamment de mieux comprendre pourquoi les jeunes sont victimes de plus d’accidents du travail que leurs aînés, quels étaient les facteurs de risque et les secteurs plus à risque, etc.

Les solutions que vous proposez sont en dehors de la mission de l’IRSST qui consiste à contribuer, par la recherche, à la prévention des lésions professionnelles.

J’ajouterais que même si des solutions financières étaient trouvées, celles-ci n’auront pas comme conséquence d’éliminer tous les risques liés aux emplois occupés par les jeunes.

Et c’est là que la cherche prend tout son sens.

# mars 24, 2010 2:34