Intégration et développement durable

Forum économique internationalLe 16e Forum économique international des Amériques se tenait à Montréal au début juin. À cette occasion, je participais à une table ronde dont le thème était : Intégration et responsabilité sociale des entreprises. Organisé en collaboration avec la Fondation Agir Contre l'Exclusion (FACE), cet événement s'inspirait de la philosophie du développement durable, principe auquel l'IRSST adhère et qui s'inscrit tout à fait dans sa mission. En SST, la capacité d'intégration du personnel au sein d'une entreprise est une clé de succès du développement durable.

De nombreux sujets ont été couverts. Mes principales préoccupations découlaient des mutations du monde du travail et des enjeux de prévention en SST dans les entreprises.  Le contexte de ces mutations englobait :

  • le vieillissement de la main-d'œuvre, phénomène qui sera plus marqué au Québec que dans la plupart des pays industrialisés;
  • l'intégration des jeunes travailleurs, qui ne se fait pas sans difficultés;
  • la migration de la main-d'œuvre vers les activités tertiaires;
  • l'arrivée des travailleurs immigrants provenant de divers horizons;
  • les pénuries de main-d'œuvre et de compétences dans certains secteurs.

Pour illustrer ce dernier point, j'ai donné l'exemple du secteur minier qui doit relever de nombreux défis au plan de l'attraction, de la rétention de la main-d'œuvre et de sa préparation à affronter la réalité du travail. D'une part, les jeunes sont peu préparés, tandis que les travailleurs provenant d'autres industries éprouvent des difficultés d'intégration. Étant donné que de nombreux travailleurs expérimentés prendront leur retraite au cours des prochaines années, les entreprises anticipent une perte d'expertise substantielle, incluant les savoir-faire de prudence de métier, ce qui laisse présager un accroissement des risques de lésions professionnelles.

En matière de prévention, les enjeux qui me semblent incontournables se présentent sous quatre axes :

  1. l'intégration d'une stratégie globale de prévention;
  2. la capacité de prendre des décisions dans un contexte d'incertitude, notamment en matière de prévention des atteintes psychologiques et musculo-squelettiques;
  3. l'accroissement des efforts consacrés à la prévention primaire des cancers professionnels;
  4. la prise en considération des besoins particuliers des PME.

Quoi qu'il en soit, de façon générale, pour prévenir l'exclusion sociale en SST, il faut s'assurer que le capital humain soit en santé et lui offrir un contexte dans lequel l'exercice des rôles et des responsabilités est sécuritaire.

 

Marie Larue